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 La non historicité de Jésus

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Sergio
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MessageSujet: La non historicité de Jésus   Mar 29 Oct - 21:19

Une recherche effectuée et présentée par Denis Trudeau.

(Figure ci-dessus) Mosaïque de la Deisis (détail)
Fin XIIe siècle, (Christ bénissant, Christ Pantocrator)
Église Sainte-Sophie, Constantinople (Istanbul), Turquie.
(Figure ci-dessus) Mosaïque de la Deisis (détail) Fin XIIe siècle, (Christ bénissant, Christ Pantocrator) Église Sainte-Sophie, Constantinople (Istanbul), Turquie.

D’entrée de jeu, j’avoue que je me suis sérieusement posé la question à savoir si j'allais finalement présenter ici ce sujet fort controversé. Ce n’est certes pas le sujet comme tel, ni même la force de l'argumentation qui est exposée ici, qui m’a tant fait hésiter à le présenter sur ma page Facebook. C’est plutôt le sentiment d’être comme un grain de sable dans l’engrenage de la foi de tous ceux pour qui Jésus fut incontestablement un personnage historique, ayant vécu en Palestine, il y a environ 2000 ans, car, de mon côté, je prône la non-existence physique de Jésus-Christ.

Encore à ce jour, nombreux sont ceux qui croient que l’existence de Jésus représente toujours un problème historique non résolu. Toutefois, cela n’est toujours non résolu que pour ceux qui restent encore subjugués par cette croyance et qui refusent de donner crédit aux affirmations provenant pourtant d’éminents spécialistes en la matière, et qui s’obstinent à ne pas prendre minimalement connaissance de certains des nombreux travaux réalisés par ces derniers. En fait, la question de l’historicité de Jésus est résolue depuis déjà un certain temps par les spécialistes des premiers siècles de l’ère commune.

Il est pour le moins étrange, surtout suspect, de constater que les interventions des tenants d’un Jésus historique s’en tiennent presque toujours au dénigrement des individus infirmant l’historicité du personnage plutôt que de débattre véritablement sur les argumentaires de leurs opposants. Évidemment, un vrai débat ne peut avoir lieu sans la connaissance de l’argumentation adverse.

L’argumentaire des opposants à la version d’un Jésus historique ne repose en rien sur le plat postulat qui dit que « l’absence de preuve est une preuve de l’absence ». Je conviens volontiers que de ne pas mentionner l’existence d’un personnage ne signifie pas ipso facto que ce dernier n’a pas existé. Après tout, l’absence de preuve, n’est pas forcément une preuve de l’absence. Ça, nous le savons bien. Cela pourrait simplement démontrer que le personnage en question aurait très bien pu passer inaperçu aux grands du monde de jadis. L’argumentaire de la non-historicité de Jésus découle plutôt du fruit de multiples et longs travaux effectués en terre d’Égypte par d’honnêtes chercheurs sérieux et l’étude méticuleuse de milliers de documents sur le corpus religieux des anciens Égyptiens. Ce sont les résultats de ces découvertes qui leur ont, finalement, démontré qu’il était totalement vain d’espérer trouver un jour les preuves validant l’authenticité de la vie historique de Jésus.

Concernant les Évangiles (qu’ils soient dits canoniques ou même apocryphes), comme tout autre texte de La Bible, ce ne sont pas des documents véhiculant des notions historiques. Ce sont des documents strictement religieux et qui font l’apologie d’une doctrine religieuse. La conviction en l’existence de Jésus se fonde ainsi uniquement sur la foi.

Les écrits chrétiens, en présentant les caractéristiques et les intentions personnelles de Jésus lors de son incarnation sur la Terre, ne révèlent au fond que les perceptions et les attentes propres de leurs auteurs, relativement au personnage idéalisé de Jésus. Voilà sur quoi repose la prétendue certitude de l’enseignement chrétien offert à la masse des croyants.

Il existe différents types d’ouvrages de référence que l’on peut consulter sur Jésus. Lorsqu’on aborde un sujet dont on est que très peu informé, on débute normalement notre recherche avec des documents qui traitent du sujet de façon générale. Plus notre compréhension du sujet se raffine avec le temps, plus nous allons du général vers un corpus spécialisé. Cette dernière catégorie peut ultimement déboucher sur le hautement spécialisé. Si les ouvrages généraux sont des écrits relativement faciles à lire pour un large public, cela n’est certainement pas le cas des ouvrages où le degré de recherche a franchi la barre de la spécialisation. Par contre, circonscrire la pénétration du sujet à un niveau de compréhension général est nettement insuffisant pour celui qui aspire à aller à la limite du sentier ouvert par les pionniers, sans toutefois se perdre dans les broussailles épaisses de l’insondable.

L’ennui avec les documents hautement spécialisés est qu’ils ne sont à peu près pas accessibles au large public. La plupart du temps, ils ne circulent qu’entre les mains d’érudits de haut rang, à l’abri des regards indiscrets du vulgum pecus, dont le travail de concert de certaines hautes instances parvient encore à dissimuler sous un voile épais.

Quant aux auteurs d’ouvrages généraux sur Jésus, ils se cantonnent la plupart du temps à une vision historicisante des textes religieux. Ces champions de l’interprétation littérale ne font habituellement référence à aucun élément argumentatif provenant de la position mythiste. Cet évitement est sans doute conditionné par une réaction instinctive, à savoir que devant un danger, deux options restent possibles : l’affrontement ou la fuite. Or, le choix de fuir survient lorsque l’adversaire est jugé gagnant. Voilà ce qui explique chez les tenants du Jésus historique leur refus de participer au débat.

Quoi qu’il en soit, les études hautement spécialisées sur Jésus révèlent qu’il n’existe aucune preuve indiscutable et définitive sur l’historicité du personnage. Or, s’il n’y a donc aucune preuve de l’existence de Jésus, comment s’explique-t-on alors que ce soit la position qui soutient son existence terrestre qui bénéficie d’une plus grande crédibilité? Puisqu’il n’y a effectivement aucune preuve, aucune des deux positions ne devrait avoir droit à un statut supérieur à l'autre. Manifestement, il est facile de se rendre compte que ce sont les tenants de l’historicité de Jésus qui font incomber aux tenants de la non-historicité le fardeau de la preuve. Au fond, serait-ce parce qu’ils savent très bien qu’aucune preuve attestant l’historicité du personnage de Jésus ne sera jamais découverte? De la même façon, on ne trouvera jamais de preuves confirmant l’existence du personnage grec Poséidon, car seules des preuves de sa non-existence peuvent être confirmées. Mais comment serait-il possible de trouver des preuves formelles d’existence ou de non-existence, ne serait-ce même qu’une seule, dans l’environnement d’un personnage qui n’aurait toutefois pas existé?

Or, il existe pourtant, en ce qui concerne Jésus, des éléments factuels qui prédisposent à attester sa non-existence en tant que personnage historique. J’entends présenter quelques-uns de ces éléments factuels lors d’un prochain article.

Les défenseurs de l’historicité de Jésus prétendent que les historiens ne peuvent infirmer avec une certitude absolue l’existence de ce personnage. Ce qui signifie pour eux que l’existence historique du personnage reste alors hautement probable. Cette affirmation est mensongère. Les historiens sont très loin de reconnaître à l’unanimité le caractère « hautement probable » de l’existence historique de Jésus. En réalité, pratiquement tous les historiens d’aujourd’hui, spécialisés dans l’histoire du Proche-Orient du Ier siècle de l’ère commune, confirment la non-existence historique de Jésus. D’ailleurs, je m’interrogerais grandement sur l’objectivité des historiens spécialisés en la matière qui soutiendraient l’historicité de Jésus.

La position soutenant l’historicité du personnage Jésus repose essentiellement sur des sentiments et des préjugés favorables, et non sur une quête sincère de la vérité, et ce, quelle que soit cette vérité à découvrir.

Un a priori tenace chez nombre de chrétiens partisans de l’interprétation littérale de l’histoire de Jésus consiste à croire que le point de vue historique est catalyseur d’une dévotion plus substantielle de la part des adeptes que ne peut l’être le point de vue mythique. Ici encore, cela est totalement faux. Une multitude de personnages et de symboles mythiques ont de tout temps été vénérés par les Hommes, et ce, à tel point que des vies humaines leur ont été consacrées et sacrifiées. Il n’y a qu’à penser aux sacrifices humains chez de nombreuses anciennes civilisations, notamment celles de la Grèce antique, de la Chine archaïque, de l’Inde et des peuples de l’Amérique précolombienne. Ces sacrifices humains étaient souvent accomplis sur des victimes pleinement consentantes, en l’honneur des divinités mythiques, et où l’acte sacrificiel rachetait les fautes du peuple et facilitait l’accès à des au-delàs glorieux. Il y a un rapprochement évident à faire ici avec le sacrifice volontaire du personnage mythique de Jésus, où par ce geste il rachète les fautes (ou péchés) du monde et ouvre ainsi l’accès vers le Royaume des Cieux. Il y a également tous ces cortèges de gens dans les fêtes des anciens cultes à Mystères (les Dionysies, Les bacchanales, les fêtes d'Éleusis, etc.), qui déambulaient dans les rues en se flagellant, se lacérant et, même, en allant jusqu’à s’émasculer, tant la frénésie était intense en la gloire d’une divinité mythique. On se doit de mentionner aussi tous ces prêtres dédiés à d’anciennes divinités, qui y consacraient souvent leur vie entière dans le recueillement et la prière.

Il est reconnu qu’aucun des écrits actuels qui parlent de Jésus n’a été écrit par des témoins oculaires de la "vie" de Jésus. Les Évangiles (autant les canoniques que les apocryphes) et les Épitres (ceux attribués à Paul ou à n’importe qui d’autre) ne proviennent en aucun cas de disciples ayant côtoyés le personnage de Jésus. Ainsi, l’Évangile de Mathieu n’a pas été écrit par le soi-disant Mathieu qui aurait été un des douze disciples à avoir été témoin de la "vie" de Jésus, et communément appelé apôtre. La même affirmation s’applique à tous les autres évangélistes.

Les deux seules sources non chrétiennes du premier siècle de l’ère commune qui font référence à un certain Jésus (celui que les chrétiens nomment le Christ), que les partisans de l’approche historique invitent d’ailleurs à prendre très au sérieux, relèvent quant à moi de la pure supercherie pieuse. Il s’agit en fait de deux minuscules passages incorporés au texte des Antiquités judaïques (vers 93 EC) de l’historien juif romanisé Flavius Josèphe (vers 35-100 EC).

(Figure ci-dessus) Buste romain censément de Flavius Josèphe (détail)
Musée " Ny Carlsberg Glyptotek" de Copenhague, Danemark.
(Figure ci-dessus) Buste romain censément de Flavius Josèphe (détail) Musée " Ny Carlsberg Glyptotek" de Copenhague, Danemark.

J’entends exposer ci-après quelques éléments forts démontrant la fausseté des sources joséphiennes proposées par l’Église pour valider l’historicité de Jésus, à savoir les deux extraits suivants :
Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XVIII, chapitre III, section 3, paragraphes 63 et 64.
Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XX, chapitre IX, section 1, paragraphes 199 et 200.
(Figure ci-dessus) Encre de la crucifixion de Jésus-Christ.
(Figure ci-dessus) Encre de la crucifixion de Jésus-Christ.

La première source non chrétienne utilisée par l’Église pour soutenir l’authenticité de l’historicité de Jésus est ce passage de Flavius Josèphe, appelé Testimonium Flavianum, qui est ici traduit en français d’après le texte en grec :

[63] 3. Vers le même temps vint Jésus, homme sage, si toutefois il faut l'appeler un homme. Car il était un faiseur de miracles et le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité. Et il attira à lui beaucoup de Juifs et beaucoup de Grecs. [64] C'était le Christ. Et lorsque sur la dénonciation de nos premiers citoyens, Pilate l'eut condamné à la crucifixion, ceux qui l'avaient d'abord chéri ne cessèrent pas de le faire, car il leur apparut trois jours après ressuscité, alors que les prophètes divins avaient annoncé cela et mille autres merveilles à son sujet. Et le groupe appelé d'après lui celui des Chrétiens n'a pas encore disparu. (Ant. 18.3.3 63-64)

Voici le même texte en grec :

(3) [63] [Γίνεται δὲ κατὰ τοῦτον τὸν χρόνον Ἰησοῦς σοφὸς ἀνήρ, εἴγε ἄνδρα αὐτὸν λέγειν χρή· ἦν γὰρ παραδόξων ἔργων ποιητής, διδάσκαλος ἀνθρώπων τῶν ἡδονῇ τἀληθῆ δεχομένων, καὶ πολλοὺς μὲν Ἰουδαίους, πολλοὺς δὲ καὶ τοῦ Ἑλληνικοῦ ἐπηγάγετο· ὁ χριστὸς οὗτος ἦν. [64] Καὶ αὐτὸν ἐνδείξει τῶν πρώτων ἀνδρῶν παρ' ἡμῖν σταυρῷ ἐπιτετιμηκότος Πιλάτου οὐκ ἐπαύσαντο οἱ τὸ πρῶτον ἀγαπήσαντες· ἐφάνη γὰρ αὐτοῖς τρίτην ἔχων ἡμέραν πάλιν ζῶν τῶν θείων προφητῶν ταῦτά τε καὶ ἄλλα μυρία περὶ αὐτοῦ θαυμάσια εἰρηκότων. Εἰς ἔτι τε νῦν τῶν Χριστιανῶν ἀπὸ τοῦδε ὠνομασμένον οὐκ ἐπέλιπε τὸ φῦλον.]


1. Premièrement, Flavius Josèphe était un juif pratiquant de la secte des pharisiens. Cela dit, il n’aurait jamais pu écrire sur un personnage appelé Jésus des propos du genre, notamment ceux-ci : « si toutefois il faut l’appeler un homme », « Car il était un faiseur de miracles et le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité », « C’était le Christ », « il leur apparut trois jours après ressuscité », « les prophètes divins avaient annoncé cela et mille autres merveilles à son sujet », « Et le groupe appelé d’après lui celui des chrétiens n’a pas encore disparu ». De telles expressions ne peuvent avoir été écrites que par un chrétien, ce que Flavius Josèphe n’était assurément pas. Devant l’irréfutabilité de ce dernier argument, des théologiens, désirant à tout prix conserver néanmoins ce repère historique de Jésus par Flavius Josèphe, ont alors avancé l’idée que seules les expressions suspectes, soulignées ci-dessus, s’avéraient être des interpolations chrétiennes, mais que tout le reste du passage provenait indubitablement de la main de Flavius Josèphe. Cela dit, selon eux le texte original de Josèphe devait se lire de la façon suivante :

" Vers le même temps vint Jésus, homme sage. Et il attira à lui beaucoup de Juifs et beaucoup de Grecs. Et lorsque sur la dénonciation de nos premiers citoyens, Pilate l'eut condamné à la crucifixion, ceux qui l'avaient d'abord chéri ne cessèrent pas de le faire. "

Toutefois, plusieurs facteurs tendent à démontrer que c’est le passage en entier (soit chacun des énoncés des paragraphes 63 et 64) qui est une interpolation chrétienne. La démonstration de cette dernière affirmation sera présentée dans les prochains arguments.


2. Deuxièmement, le Jésus qui est mentionné dans ce passage n’est aucunement référencé par le nom du père, comme Flavius Josèphe le fait pourtant partout ailleurs dans son texte. Cette absence est tout à fait insolite puisque Jésus était l’un des noms juifs parmi les plus populaires de cette époque. Voyez ces autres extraits de Flavius Josèphe :

[233] Soixante-dix ans après la conquête de la Judée par les Babyloniens, Cyrus, roi de Perse, délivra les Juifs de Babylone, les renvoya dans leur pays et leur permit de relever le Temple. [234] Alors un des prisonniers revenus de Babylone, Jésus, fils de Josedek, reçut le grand-pontificat. Lui et ses descendants, quinze en tout, furent pontifes sous un gouvernement républicain jusqu'au roi Antiochus Eupator pendant quatre cent quatorze ans. (Ant. 20.10.2 233-234)

[203] […] Le roi Agrippa lui enleva pour ce motif le grand-pontificat qu'il avait exercé trois mois et en investit Jésus, fils de Damnaios. (Ant. 20.9.1 203)

[213] Le roi donna aussi la succession du grand pontificat à Jésus, fils de Gamaliel, après après ravoir [Sic / « après l’avoir »] enlevé à Jésus, fils de Damnaios. […] (Ant. 20.9.4 213)

[223] Ayant enlevé le grand-pontificat à Jésus, fils de Gamaliel, il le donna à Matthias, fils de Théophile, sous lequel commença la guerre des Juifs contre les Romains. (Ant. 20.9.7 223)
______________________
NDA : Les mises en évidence (en gras et souligné) des passages de Flavius Josèphe présentés ci-dessus sont de moi.

Ce nom de Jésus renvoyait au personnage biblique de Josué, le plus grand héros légendaire juif. Vous me direz sans doute que les noms de Jésus et de Josué ne sont pas exactement les mêmes. Ils le sont pourtant pour un peuple qui n’utilise aucune voyelle dans son écrit. Ce manquement au renvoi du nom du père dans l’identification de ce personnage de Jésus ne peut être que le produit d’une vision chrétienne pour laquelle le personnage de Jésus, étant au centre de la vie du chrétien, ne nécessite aucune indication supplémentaire pour bien le cibler. Ce qui n’était certes pas le cas du juif pharisien Flavius Josèphe.


3. Troisièmement, ce passage interrompt le récit des événements, de sorte que ce texte ne cadre absolument pas avec ce qui fut dit juste avant et ce qui est immédiatement repris après. Cela est tout à fait révélateur d’une interpolation complète de ce passage dans le texte de Flavius Josèphe. Voyez par vous-même :

[60] 2. Pilate amena de l'eau à Jérusalem aux frais du trésor sacré, en captant. (sic) la source des cours d'eau à deux cents stades de là. Les Juifs furent très mécontents des mesures prises au sujet de l'eau. Des milliers de gens se réunirent et lui crièrent de cesser de telles entreprises certains allèrent même jusqu'à l'injurier violemment, comme c'est la coutume de la foule. [61] Mais lui, envoyant un grand nombre de soldats revêtus du costume juif et porteurs de massues dissimulées sous leur robes au lieu de réunion de cette foule, lui ordonna personnellement de se retirer. [62] Comme les Juifs faisaient mine de l'injurier, il donna aux soldats le signal convenu à l'avance, et les soldats frappèrent encore bien pins (sic) violemment que Pilate le leur avait, (sic) prescrit, châtiant à la fois les fauteurs de désordre et, (sic) les autres. Mais les Juifs ne manifestaient aucune faiblesse, au point que, surpris sans armes par des gens qui les attaquaient de propos délibéré, ils moururent en grand nombre sur place ou se retirèrent couverts de blessures. Ainsi fut réprimée la sédition. (Ant. 18.3.2 60-62)

[63] 3. Vers le même temps vint Jésus, homme sage, si toutefois il faut l'appeler un homme. Car il était un faiseur de miracles et le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité. Et il attira à lui beaucoup de Juifs et beaucoup de Grecs. [64] C'était le Christ. Et lorsque sur la dénonciation de nos premiers citoyens, Pilate l'eut condamné à la crucifixion, ceux qui l'avaient d'abord chéri ne cessèrent pas de le faire, car il leur apparut trois jours après ressuscité, alors que les prophètes divins avaient annoncé cela et mille autres merveilles à son sujet. Et le groupe appelé d'après lui celui des Chrétiens n'a pas encore disparu. (Ant. 18.3.3 63-64)

[65] 4. Vers le même temps un autre trouble grave agita les Juifs et il se passa à Rome, au sujet du temple d'Isis, des faits qui n'étaient pas dénués de scandale. […] (Ant. 18.3.4 65)

Vous avez certainement remarqué que le passage des paragraphes 60 à 62 s’enchaine rhétoriquement avec cet autre passage du paragraphe 65. De plus, le faussaire ne s’est même pas donné la peine de modifier l’introduction du passage interpolé de manière à éviter l’emploi de la même formule qui est utilisée dans le passage suivant, à savoir le « Vers le même temps… ». Nulle part dans l’œuvre de Flavius Josèphe nous ne retrouvons pareille répétition.

Voyez à cet effet ce qui est mentionné dans l’article Testimonium flavianum de Wikipédia en français :

" Il suffit d'examiner les deux événements, reportés dans leur position originale, pour se rendre compte comment le passage concernant Jésus est une évidente insertion (maladroite) qui interrompt la relation séquentielle que Flavius Josèphe voulait donner à deux disgrâces qui arrivent aux Juifs à cette époque. "
(Wikipédia, l’encyclopédie libre, dernière révision le 20 octobre 2011, Testimonium flavianum <http://fr.wikipedia.org/wiki/Testimonium_flavianum>, page consultée le 21 octobre 2011)


4. Quatrièmement, ce passage des paragraphes 63 et 64, qui fait pourtant référence à Jésus, et qui est censé avoir été écrit vers 93 EC, est totalement ignoré jusqu’au 4e siècle, et ce, même par les premiers Pères de l’Église. En effet, aucun des apologistes du christianisme naissant (Justin, Clément d’Alexandrie, Tertullien, Origène…) ne fait écho à ce passage sur Jésus. Pourtant, Origène, ce grand théologien chrétien, après avoir lu en entier le XVIIe livre des Antiquités judaïques, ne relève pas ce passage dans ses commentaires sur le livre en 250 EC.


5. Cinquièmement, ce passage du Testimonium flavianum est mentionné pour la première fois vers l’époque du Concile de Nicée (325 EC) par Eusèbe de Césarée (265-340 EC) dans son Histoire ecclésiastique (ensuite dans sa Démonstration évangélique).

(Figure ci-dessus) Dessin représentant Eusèbe de Césarée.
(Figure ci-dessus) Dessin représentant Eusèbe de Césarée.

L’on sait aujourd’hui que l’Église (probablement sous la main d’Eusèbe de Césarée, au IVe siècle) avait volontairement créé et ajouté un passage au texte original de l’historien juif Flavius Josèphe (env. 37-100), de façon à laisser croire que ce dernier relatait certains faits de la vie de Jésus. Ce procédé de faux est certes malhonnête.

Notez que le texte original de Flavius Josèphe n’est pas parvenu jusqu’à nous. Nous ne disposons que d’une version recopiée par Eusèbe de Césarée (265-340), celui là même qui se faisait appeler par ses contemporains de « Eusèbe le menteur », qui est également l'inventeur des douze premiers papes qui n'ont jamais existé.


Pour conclure sur ce passage du Livre 18 de Flavius Josèphe, communément appelé le Testimonium flavianum, il s’avère que l’argumentaire employé ci-dessus a suffisamment fait la démonstration que le passage en question ne fut aucunement écrit par Flavius Josèphe. Donc, ce passage ne doit plus être considéré comme étant une source non chrétienne du premier siècle de l’ère commune validant l’historicité de Jésus (dit le Christ).

(Figure ci-dessus) La lapidation de Jacques, frère de Jésus-Christ.
(Figure ci-dessus) La lapidation de Jacques, frère de Jésus-Christ.

Voici le second passage où Flavius Josèphe aurait prétendument fait mention d’un Jésus appelé le Christ dans un court compte rendu sur l’exécution d’un dénommé Jacques en 62 EC :

[199] Arian [Sic / « Anan »] le jeune, qui, comme nous l'avons dit, reçut le grand-pontificat, était d'un caractère fier et d'un courage remarquable ; il suivait, en effet, la doctrine les Sadducéens, qui sont inflexibles dans leur manière de voir si on les compare aux autres Juifs, ainsi que nous l'avons déjà montré. [200] Comme Anan était tel et qu'il croyait avoir une occasion favorable parce que Festus était mort et Albinus encore en route, il réunit un sanhédrin, traduisit devant lui Jacques, frère de Jésus appelé le Christ, et certains autres, en les accusant d'avoir transgressé la loi, et il les fit lapider. (Ant. 20.9.1 199-200)

Voici le même texte en grec :

[199] Ὁ δὲ νεώτερος Ἄνανος, ὃν τὴν ἀρχιερωσύνην ἔφαμεν εἰληφέναι, θρασὺς ἦν τὸν τρόπον καὶ τολμητὴς διαφερόντως, αἵρεσιν δὲ μετῄει τὴν Σαδδουκαίων, οἵπερ εἰσὶ περὶ τὰς κρίσεις ὠμοὶ παρὰ πάντας τοὺς Ἰουδαίους, καθὼς ἤδη δεδηλώκαμεν. [200] Ἅτε δὴ οὖν τοιοῦτος ὢν ὁ Ἄνανος, νομίσας ἔχειν καιρὸν ἐπιτήδειον διὰ τὸ τεθνάναι μὲν Φῆστον, Ἀλβῖνον δ' ἔτι κατὰ τὴν ὁδὸν ὑπάρχειν, καθίζει συνέδριον κριτῶν καὶ παραγαγὼν εἰς αὐτὸ τὸν ἀδελφὸν Ἰησοῦ τοῦ λεγομένου Χριστοῦ, Ἰάκωβος ὄνομα αὐτῷ, καί τινας ἑτέρους, ὡς παρανομησάντων κατηγορίαν ποιησάμενος παρέδωκε λευσθησομένους.

Encore une fois, Flavius Josèphe, ce juif pharisien très pratiquant, n’aurait certes pas nommé Jésus comme étant le Christ. Cette mention de « Christ » est donc une interpolation chrétienne ultérieure à l’époque où vécut l’historien Josèphe. De même, conformément à l’habitude de son temps, Josèphe aurait de toute évidence mentionné le nom du père de Jacques, selon la formule "fils de…". Les seules fois où Josèphe s’en abstient, c’est lorsque le personnage en question est soit le roi ou bien un étranger (un non-juif).

Par contre, ce passage s’intègre parfaitement au récit des événements racontés avant et après le procès et la mise à mort de Jacques, et ce, à tel point que le récit serait incomplet sans ce passage. Donc, une interpolation du passage entier serait à rejeter. Ainsi, il y aurait eu un Jacques dont le procès devant le sanhédrin se solda par une sentence de mort. Maintenant, à savoir si ce dernier avait un frère du nom de Jésus, cela est possible. Les noms de Jacques (Ya’akov) et de Jésus (Yehoshua ou son diminutif Yeshua) étaient très courants au sein de la population juive de l’époque. Toutefois, s’il s’avère possible que Flavius Josèphe mentionnât pour ce Jacques un frère du nom de Jésus, celui-ci n’a certainement rien à voir avec le Jésus du mythe chrétien. L’interpolation chrétienne dans ce passage de Josèphe pourrait se limiter à l’inclusion « appelé le Christ ».


Je termine ici en mentionnant qu’il n’existe aucune source non chrétienne fiable démontrant que le Jésus des Évangiles fut un personnage historique. Toutes les interventions chrétiennes malhonnêtes sur les écrits non chrétiens des premiers siècles de l’ère commune (tels que les interpolations, remaniements, inventions totales, néantisation des textes gênants pour l’Église naissante) contribuent à démontrer que le personnage du Jésus des Évangiles est le produit d’un mythe.

La falsification volontaire des preuves, n’est-ce pas là déjà un aveu de culpabilité?

Denis Trudeau


__________________________
Voici les notices bibliographiques complètes des deux extraits dits de Flavius Josèphe présentés dans mon texte :

JOSÈPHE, Flavius [lat. Titus Flavius Josephus / hébreux orig. Yossef ben Matityahou] (1900-1932), Antiquités judaïques. Livre XVIII [tome IV des Œuvres complètes de Flavius Josèphe] / trad. française de Φλαυίου Ἰωσήπου ἱστοριῶν τῆς Ἰουδαικῆς ἀρχαιολογίας. ΒΙΒΛΙΟΝ ΙH' (lat. Antiquitates Judaicae) [texte orig. vers 93 EC ; éd. électronique réalisée à partir du texte des Œuvres complètes publiées en 1900 par les Publications de la Société des études juives ; trad. par Julien Weill (sous la dir. de Théodore Reinach) ; Paris : Librairie Ernest Leroux] in : REMACLE, Philippe : « L’Antiquité grecque et latine », Traductions d’auteurs grecs : Flavius Josèphe : Antiquités judaïques : Livre XVIII <http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/juda18.htm>, dernière révision en 2003 [texte numérisé et mis en page par François-Dominique Fournier, notes en grec relues et corrigées par F.D.F., texte grec inclus], (consulté le 15 octobre 2011).

JOSÈPHE, Flavius [lat. Titus Flavius Josephus / hébreux orig. Yossef ben Matityahou] (1900-1932), Antiquités judaïques. Livre XX [tome IV des Œuvres complètes de Flavius Josèphe] / trad. française de Φλαυίου Ἰωσήπου ἱστοριῶν τῆς Ἰουδαικῆς ἀρχαιολογίας. ΒΙΒΛΙΟΝ Κ' (lat. Antiquitates Judaicae) [texte orig. vers 93 EC ; éd. électronique réalisée à partir du texte des Œuvres complètes publiées en 1900 par les Publications de la Société des études juives ; trad. par Julien Weill (sous la dir. de Théodore Reinach) ; Paris : Librairie Ernest Leroux] in : REMACLE, Philippe : « L’Antiquité grecque et latine », Traductions d’auteurs grecs : Flavius Josèphe : Antiquités judaïques : Livre XX <http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/juda20.htm>, dernière révision en 2003 [texte numérisé et mis en page par François-Dominique Fournier, notes en grec relues et corrigées par F.D.F., texte grec inclus], (consulté le 15 octobre 2011).
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